Co-auteur de sa vie – Auteur de sa nouvelle vie

La genèse de l’écriture

Je l’ai dit dans la présentation de qui je suis, mon histoire de vie n’est pas simple et j’ai quasiment lutté toute ma vie pour survivre et naviguer dans ma famille d’abord et dans la vie ensuite.

Pendant longtemps je n’en ai pas eu conscience, car c’est tout ce que je connaissais. Pour moi c’était ça la vie, en fait c’était seulement ça Ma vie. Alors j’affrontais les aléas de cette dernière, me relevais quand je trébuchais, faisais face aux difficultés et à mes responsabilités, prenais des risques et me construisais comme je pouvais avec toutes les casseroles venues lors de mes gestation, petite enfance, enfance et adolescence.

Qui étais-je ? Que devais-je faire ? Où devais-je aller ? Quelle était ma place ? Je ne le savais pas vraiment alors. Je me laissais guider par les vents, changeant de cap (métiers, entreprises, amis) en fonction de ces derniers.

Et puis, un jour, parce que j’avais un roc à mes côtés auquel me raccrocher, je me suis autorisé à me couper du monde. En dehors d’une à deux réunions de famille par an, des collègues de travail que je ne pouvais éviter et de cette amie devenue depuis ma sœur de cœur, je n’ai côtoyé personne durant 10 ans : ni ami, ni compagne et donc ni sortie, ni rapports sexuels. 10 ans de vie d’ascète pour me déconstruire et me reconstruire… Ce fut un véritable parcours initiatique.

C’est sans doute là que, sans le savoir, j’ai commencé à devenir l’auteur de ma vie, quittant petit à petit le co-auteur que nous sommes tous pendant longtemps, voire toute leur vie pour certains.

Cinq ans après cette vie monacale, j’ai rencontré une femme. Ce fut une très courte histoire, mais quelle histoire ! Elle m’aura ouvert les portes de l’invisible et surtout fait découvrir que j’étais un HPi, un zèbre comme préfère nous appeler Jeanne Siaud-Facchin, dénomination qui a ma préférence ceci dit. Je peux affirmer l’être, je me suis fait authentifier cinq ans après.

Tiens ! Je n’avais jamais vu ces cycles de cinq ans qui reviennent dans mon existence. Surprenant ! Il me faudra creuser ça un jour…

Revenons donc à nos moutons. Découvrir ce qu’est un HPi m’a donné des clefs de compréhension d’une partie de ma vie, de certains des évènements ou réalités que j’ai vécus. Ce fut une première libération.

Première libération, car ces nouvelles réalités que j’embrassais ont marqué un tournant. Ce fut le commencement de mon avènement qui prendra encore quelques années à se réaliser.

Connaître et comprendre ne suffisent pas, il est indispensable ensuite de conscientiser, d’intégrer dans sa chaire tout autant que dans sa tête et de se libérer de tout ce que l’on a construit pour se protéger, toutes ces autodéfenses qui nous limitent.

Cette première libération m’a permis de voir tout le chemin que j’avais parcouru, l’auteur de ma vie que j’étais devenu et qui avait encore plein de choses à faire.

J’ai aussi pris conscience que tout ce que j’avais vécu, tout ce que je pouvais voir, percevoir et comprendre, pourrait être utile à d’autres, que je ne pouvais garder cela pour moi.

J’ai alors décidé d’écrire ce livre pour témoigner et partager, mais aussi pour donner la possibilité à d’autres de grandir comme j’ai pu grandir.

Comme le disait Nietzsche, « tout ce qui ne nous tue pas nous grandit ».

Alors, pour vous offrir ce cadeau, j’ai lu et lu et lu durant six mois non-stop. Ce ne sont pas loin de cinquante textes que j’ai ainsi explorés. Mes lectures terminées, je suis parti en plein mois de janvier m’isoler dans une petite ville étudiante de Finlande pour écrire. C’était parfait, 2 h de jour durant lesquelles je me promenais en partie, ça me donnait cinq heures d’écriture matin et après-midi dans ma chambre d’hôtel. C’est vraiment pratique lorsque l’on ne comprend rien à la langue locale et que l’on est le seul étranger de présent… aucune distraction possible. J’ai ainsi rédigé les deux tiers du livre. Une fois rentré sur Paris, réalités du quotidien obligent, il me faudra deux fois plus de temps pour rédiger le dernier tiers…

L’histoire de cette édition de mon livre pourrait se terminer là, mais ce n’est pas le cas.

Ce que je viens de vous raconter est l’histoire de l’avènement de la première édition qui est celle du fond et non de la forme.

Cette première édition a été éditée sous le titre Devenir auteur de sa vie chez Zigues Éditions, ma tentative dans le monde de l’édition qui m’a permis de faire perdurer le travail d’un ami malheureusement disparu bien trop tôt, Bernard Delobelle.

Deux faits sont à la source de cette nouvelle édition avec ce nouveau titre et les quelques modifications de fond qu’il a impliqué.

Tout d’abord dans l’année qui a suivi sa parution, j’ai réalisé que le titre n’était pas suffisamment représentatif. Il n’évoquait pas cette réalité des êtres pourtant essentielle à accueillir : dès notre gestation nous nous co-construisons avec et à partir de l’environnement dans lequel nous vivons. Nous ne pouvons donc qu’être des co-auteurs à l’aune de notre vie et ce n’est que bien plus tard, généralement au bout de quelques années d’adulte, que l’on peut commencer à devenir auteur de sa vie. C’est ainsi un chemin, parfois ardu, que je présente dans ce livre.

Ensuite, le style d’écriture que j’avais choisi était très mauvais. Comme me l’a fait remarquer ma compagne lorsqu’elle l’a lu au début de notre relation : « C’est un vrai pouding ton livre ! » Il me faut reconnaître qu’elle avait bien raison.

Hé oui ! je m’étais essayé à un style qui ne marchait pas du tout.

À l’époque de notre rencontre, j’en avais déjà quasiment repris la totalité, suivant les conseils de mon ex, journaliste de son état.

Avec cette nouvelle écriture, il a perdu tous ses défauts comme les différentes remarques de ma compagne me l’ont fait voir.

Sa présence à mes côtés est stimulante et apaisante. Notre rencontre est une chance en fait… mais aussi le résultat de nos choix de vie et de nos auteurisations… ce dont parle ce livre d’ailleurs… Ces choix qui nous permettent de nous réparer à notre rythme et devenir nous-mêmes, nous permettant de rencontrer alors la personne avec qui être simplement, dans le vrai et l’authenticité.

La première relecture faite, il m’a fallu un ou deux ans pour trouver une relectrice finale disponible parmi mes relations. Celle-ci faite, il ne me restait plus qu’à trouver un éditeur. Et là, j’ai procrastiné durant quelques années. Je ne sais pas trop pourquoi, mais peut-être que je n’étais pas prêt à affronter les refus inévitables d’éditeurs : appréhension que je n’ai finalement pas eu à vivre.

Le premier éditeur à qui j’ai envoyé le manuscrit, ce sont les Éditions Baudelaire, grâce à qui vous aurez la possibilité de le lire.

Je les remercie de leur confiance.